Ce matin je suis confronté à une bien étrange situation. Non je ne suis pas arrivé en pyjama en cours et non un charmant volatile n’a pas déféqué sur ma masse capillaire. Non je suis sublimé. Je suis et reste sans voix. Certains chanteurs à texte diraient que mon cœur a sauté un battement, d’autres, avec moins de talent et de vocabulaire, diraient que j’ai grave kiffé une meuf.
Au cours de mon premiers cours de japonais, j’ai découvert cette femme. Cette femme qui reste pour moi jusqu’à présent sans nom. Je ne peux me la sortir de la tête. J’essaie vainement depuis des heures de mettre des mots sur sa beauté. Avant tout elle est grande. Moins que moi bien sûr, oui j’ai tout de même un certain égo. Mais cette taille lui donne une allure, une prestance, une majesté. Cette majesté est sublimée par sa chevelure brune qui cascade le long de son dos. Une pince retient une partie de sa chevelure en arrière, mettant alors cette œuvre en valeur. Cette œuvre c’est son visage. Un visage d’une rare justesse, d’un rare équilibre. De profonds yeux verts, cernés par un simple trait de crayon noir. Un vert noisette, un vert calme, un vert enchanteur. Ses sourcils fins et sombres ramènent inlassablement le regard vers ces deux éclats de fraicheurs. Quand, après plusieurs secondes, je parviens enfin à m’arracher de ses iris, je découvre son nez cristallin et sa bouche divine. Que dire de plus qu’ils respirent l’harmonie ? Sous sourire est éclatant, étincelant et surtout communicatif. Un sourire qui irradie une pièce. Un sourire qui embellit une triste journée. Je la désire. Non pour un plaisir charnel, non pour une pulsion fugace. Non je veux pouvoir l’admirer, la faire sourire, la faire rire et même la faire pleurer. Je veux savoir que mes paroles ont un poids pour elle, que je compte. Que je fais partie de sa vie. J’ai cet étrange sentiment que sa présence suffirait à m’épanouir. J’en prends pleinement conscience quand elle enlève son manteau. Ca y est. Ce n’est plus qu’un visage et une forme. C’est une femme. Et quelle femme ! Je cherche un mot. Je cherche les mots. Sensualité. Splendeur. Éclat. Magnificence. Femme. Femme. Femme. Son visage n’a d’égal que son corps. Elle est vêtue d’une simple robe bleue. Deux fines lanières contournent ses épaules. Une ceinture met en valeur ses fesses. La légèreté du vêtement donne une grâce infinie à cette beauté. A travers sa tenue je devine le galbe de ses seins et sa taille fine. Cette taille qui amène aux jambes. Des fuseaux fins et musclés qui paraissent ne jamais toucher terre. Ses fesses épousent sa silhouette.
J’imagine cette femme dans vingt ou trente ans. Elle ne sera un de ces modèles que l’âge a atteint. Son charme ne sera comparable qu’à son charisme. Elle se tiendra droite, affirmant sa beauté au monde entier. Elle respirera l’assurance de ces grandes dames. Et Dieu seul sait que j’aimerais pouvoir me tenir à ses côtes. Mais je n’aurai sûrement jamais cette opportunité. Je n’aurais sûrement cette chance. A mon cœur elle est parfaite, et jamais elle ne se tournera vers un homme comme moi.
Et vous, si jamais vous rencontrez une de ces femmes qui subliment une journée, une de ces femmes qui illuminent une pièce, une de ces femmes qui vous rendent heureux, considérez-vous chanceux. Elles sont uniques à chacun et nous amèneraient vers de nouvelles cimes. Moi, je cours encore après la mienne.