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Motssurmaux

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La colère, la haine, la rage. L'amour, l'envie, le désir. La mélancolie, la tristesse, la peur. Nous avons tous connu ces sentiments. J'essaye d'y mettre les mots, avec différents tons, différentes situations et différentes approches.


Que faire quand on est perdu et qu’on se trouve sans repères, je me posais la question ?

Publié par Mots Sur Maux sur 17 Décembre 2012, 23:32pm

Cette histoire est triste. Non vous ne pleurerez pas, mais vous me prendrez en pitié. Vous finirez peut être même par m’aimer. Je vais vous la raconter. Je ne serais pas objectif. Je ne peux pas l’être. Comment l’être quand on est malheureux ? C’est impossible.

Cette histoire a commencé il y a près d’un mois, par un évènement qui me parait maintenant anodin. Un suicide. Un suicide et un meurtre au bas de ma porte. Les deux en même temps. La femme s’est jetée du toit et a atterri sur un enfant de sept ans. Ironie du sort, l’enfant, la colonne vertébrale sectionnée au niveau du cou est mort sur le cou, alors que la celle qui voulait mettre fin à ses jours a mis plusieurs heures avant de succomber. Mais bon, elle ne pouvait vivre bien longtemps. Un tibia avait percé sa cuisse et finit dans son poumon droit. Ses côtes écrasées s’étaient occupées de percer l’autre. Sans parler de son épaule qui s’était arrachée toute entière séparant le bras sanglant de son corps. A cela s’ajoutait le remord de la mort. Mort non subie mais donnée. Ce que j’ai oublié de vous préciser est que cet enfant, de sept ans, était mon frère.

Cette histoire ne va pas en s’améliorant. Suite à la mort de la chair de sa chair, ma mère s’est elle-même donné la mort. Elle ne pouvait plus subir les appels incessants de journalistes toujours plus avides de titres chocs. Deux jours après l’accident, je l’ai donc retrouvé pendue dans l’entrée de la maison. En rentrant de cours. La chute n’avait pas suffi à lui rompre les cervicales. On a appris par le médecin qu’elle avait suffoqué pendant plusieurs minutes avant d’enfin mourir dans un râle de souffrance. Au moins mon frère n’avait pas pu réaliser qu’il mourait. Ma mère avait eu de trop nombreuses secondes pour se rendre compte des conséquences de son acte.

Cette histoire a effectivement des conséquences. Pour moi, pour ma famille et pour sa famille. Oui sa famille, à la première tuée. Enfin la deuxième, puisque mon petit frère était décédé avant elle. C’est son mari qui ne pouvait plus supporter ses regrets. Oui ce mari. Ce mari-là qui battait sa femme. Il ne se sentait plus responsable d’une mort, mais de trois à présent. Ses coups avaient tué plus d’une personne. Il fut d’ailleurs arrêté. Et jugé. En plein procès, il se jeta sur un policier. Il cria dans la salle « mes coups feront une dernière victime » puis il se tua. Plutôt il essaya. Bêtement il avait visé son cœur. Bêtement il avait raté son cœur. Il ne s’était qu’abimé l’aorte. C’est connu pourtant. Toujours tirer dans la tête. C’est plus rapide, terriblement efficace, et ça marche à coup sûr. Lui aussi souffrit, quelques minutes durant. Sous l’œil pervers des caméras qui ne ratait ni une image ni un son. Plusieurs médecins se battirent pour le garder en vie, lui le meurtrier assassin. Finalement l’échec était là. Même pas encore condamné, déjà mort.

Cette histoire compte beaucoup de victimes me direz-vous. Oui, et pourtant elle n’est pas encore finie. Il reste une victime, moi. Celle-là est à venir. Comment voulez-vous que je résiste à tout cela ? A douze ans… C’est tout simplement impossible. Par contre j’ai bien compris la leçon : ne pas sauter du toit, trop dangereux pour les autres. Ne pas se pendre, cela peut être interminable. Ne pas viser le cœur, on a une grande chance de se rater. Le secret de la réussite ? Un pistolet. Le cerveau. Adieu.

 

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