Ça y est je suis morte. Une balle en pleine tête. Je n’ai pas eu le temps de réaliser. J’ai entendu quelqu’un qui me poursuivait, j’ai voulu courir à travers les bois. Il m’a rattrapé. Une détonation. Une balle. Une mort. Alors que va-t-il se passer maintenant ? Je ne sais pas. On verra.
Pour ceux qui pensaient que la mort était froide, vous vous trompez, j’ai eu très chaud. Ils m’ont gardé dans une pièce à la chaleur accablante. Avant cela ils m’avaient déshabillé. J’imaginais que la mort commençait par un couloir blanc avec une lumière éclatante au bout. Et bien pas du tout. Une pièce chaude baignée dans une lumière rouge. On m’y arrose régulièrement pour ne pas que je brule. Soudain, je sors de cette pièce et finis dans un décor symétrique avec des géants qui m’observent. Ils crient, aboient et me tâtent de leur instrument coupants. Je suis jugée : « Bonne, pas bonne ? Noire, blanche ? ». C’est alors que je suis torturé de toutes parts. Mes organes sont arrachés, mes membres me sont ôtés. Pourtant je garde conscience de chaque partie de mon corps. Chacune passe dans un hachoir, où elle est débitée, avant de chuter dans une petite salle. C’est alors un long parcours qui s’engage, au milieu d’une bouillie qui ronge et attaque mes cellules. Après plusieurs heures le voyage s’arrête et j’atterris dans un couloir bouché, à l’odeur putride et aux tons marron. Enfin, je suis évacué et libéré dans une eau glaciale.
Pas facile la vie quand on est une volaille.